Le Monde vu par nos auteurs

L’Occident ou l’usure d’un pouvoir périmé

A chaque fois que l'on me débite des salades sur la politique états-unienne et ses méandres, je me souviens de  la tête qu'a faite Hillary Clinton s'effondrant dans les bras de son garde du corps. On a tous vu bien nettement ses escarpins traîner sur la chaussée lorsque la suite essayait de la faire rentrer, à hue et à dia, dans un grand fourgon noir blindé. Une vieille dame qui se requinque à coups de drogue et autres énergisants et gambade joyeusement à travers le continent américain, partant en éclats de rire idiot et déplacé pour fustiger la Russie à tout bout de  champ que ce soit à propos ou non...

En face d'elle, vous avez un homme qui semble être solide et en bonne santé, mais en fait, frôle, lui aussi, ses soixante-dix ans. Donald Trump a beau être milliardaire et péter de santé, il est tout de même, tout comme Hillary, un homme d'une génération déjà « consommée ». Nous pouvons prendre également l'exemple d'un autre politichien américain des plus actifs et bien portants, le sénateur Mac Cain. Qu'entend-on lorsqu'on l'écoute ? Un discours démodé, une russophobie clinique, des sérénades sur son passé glorieux au Vietnam (où il fut fait d'ailleurs prisonnier pour devenir un collabo du KGB et se faire relâcher après par le renseignement soviétique), un manque de programme positif et des propositions concrètes...

Le pouvoir américain se fait vieux et obsolète. Ce n'est pas que triste et désolant - c'est tragique parce que, quoi qu'on en dise, les Américains gouvernent, pour de bon, le monde occidental ! L'Europe est menée à cette baguette (depuis que Sarkozy a refusé à la France les acquis de la souveraineté militaire si difficilement arrachée à Washington par le Général).

La chancelière allemande dégage, elle aussi, des fragrances antiques - ancienne komsomol (jeunesse communiste et la plus douée pour apprendre le russe sous la RDA) et ensuite docilement serviable devant la volonté du drapeau étoilé.

Pour ce qui est de la France, la politique française a vécu : pas de programme économique, un abandon total de l'armée, une politique monétaire et un endettement qui étonnent pour un aussi grand pays qu'est la France, une ligne régionale qui fait monter la colère dans les provinces, et, pour comble de malheur, une lame de fond migratoire qui a inondé le pays des énergumènes venus du tréfonds de l'Asie (si ce n'est encore une armée d'invasion sciemment conduite en Europe à coups de pots-de-vin à une élite bruxelloise corrompue jusqu'à la moëlle des os).

L'Europe méridionale, quant à elle, n'a jamais eu une stratégie bien prononcée, mais ces derniers temps la profondeur de la chute est abyssale, avec le plongeon spectaculaire de la Grèce, prête à brader ses propors îles pour échapper à une dette pharaonique à l'égard de l'Allemagne, ou encore l'Italie, championne de l'appauvrissement, sans parler de l'Espagne qui n'a jamais rien fait que suivre les grandes nations européennes, après la fin du frankisme. Bref, un spectacle qui se résume par un diagnostic bien cruel : la ruine totale dont le viol de la jeune vierge française, au pied de la Tour Eiffel, est, malheureusement, une image aussi noire que parfaitement concordante.

Si vous vous en doutez, je vous renvoie au Parisien qui a eu raison de s'exprimer, par la bouche de son journaliste, à propos de ce crime exécrable en écrivant que l'on ne peut imaginer trois Français violer une Algérienne lors d'une promenade au centre historique d'Alger. Je crois bien que, quand bien même ce fût le cas, les trois criminels finiraient empalés avant d'avoir eu le temps de regagner leur hôtel ou se réfugier au Consulat. Et cela eût été justice ! Le Parisien a raison de poursuivre que même le viol à Paris d'une Algérienne par trois Français de souche, aurait été impensable parce que cela aurait généré un soulèvement de la banlieue (et, une fois de plus, je constate que j'aurais compris les pères indignés voulant protester et défendre leur progéniture féminine). Mais les Français ne réagissent pas ! La tribu abandonne ses femmes à l'envahisseur et aucune étincelle n'a jailli aux cris de la victime à deux pas de la Préfecture Centrale de Paris.

Si j'avais commencé par Washington pour terminer en récitant l'une des histoires (malheureusement, typique) des violeurs venus d'ailleurs pour s'amuser (le repos du guerrier, vous pensez bien !), c'est parce que le même mot répond à tous ces phénomènes : une dégénérescence complète d'un pouvoir vermoulu prêt à s'écrouler et incapable d'imposer de l'ordre. Le symbole de l'Occident, les Etats-Unis, est aussi vieux et puant la naphtaline que le reste du monde dit développé. Cette attitude est en opposition cruciale par rapport au comportement affairé et plein de dynamisme des Chinois ou des « petits dragons » de l'Asie, de la volonté inéxorable de la Russie de  rebâtir son royaume perdu et de se réarmer pour faire baisser la crête aux Américains, à l'Inde qui se développe à pas de géant.

Force m'est de constater que l'Occident a vraiment fait son temps sous sa forme actuelle. Les grands monuments ne représentent pas encore, à eux seuls, un grand pays. Les Romains n'existent plus depuis belle lurette, mais le Colisée et le château d'Adrien se dressent toujours fièrement devant nous - comme les châteaux de la Loire et d'autres beautés historiques dont est pleine la douce France. Parce que la valeur d'un pays se résume à son capital humain, à la volonté de vivre et de combattre, de défendre ses chaumières et ses valeurs. De cepoint de vue, l'armée syrienne de Bachar el-Assad a des leçons à donner à des nations dépravées.

Si j'ai proposé un jour de se tourner vers les régions françaises pour rebâtir la République en refaisant le contrat social au nom d'une Fédération française, c'est parce que le pouvoir central est mort avec toutes ses momies embaumées. Les mêmes politiciens referont la même valse fin avril prochain- début mai. Un autre Hollande, un peu plus à droite, comme Sarko ou Juppé, gravira les marches de l'Elysée. Et puis quoi ? L'eau n'en deviendrait pas plus salée, comme se plaisait à dire Colbert. Quel que soit le choix des potentats (à mes yeux, le peuple restera comme toujours dupe), le nouvel occupant des lieux ne fera qu'obéir à Washington qui, pour sa part, présentera toujours la même constante d'un discours antédiluvien. Et peu importe laquelle des marionnettes va articuler les mots - Obama, Clinton ou Trump.

Une question vient à l'esprit : pourquoi se préoccuper tant de la Russie ? La Russie, elle, n'évoque par les Occidentaux lorsqu'elle passe aux urnes. Personne ne parle ni d'Obama, ni de Clinton ou Hollande en traitant de la politique intérieure ou même du Donbass. Et les principes de Vladimir Poutine sont simples : respecter la loi et ne pas se laisser marcher sur les pieds. Il n'y a pas si longtemps, il a cristallisé son approche de l'international en une seule phrase : « La Russie ne traite aucun pays en ennemi, mais gare au pays qui voudrait compter la Russie parmi ses ennemis ! » Dixi.