Le Monde vu par nos auteurs

L’Europe est atteinte de vieillesse naturelle

Un garçon s'est fait arrêter dans la forêt russo-polonaise, aux confins de Kaliningrad. Il essayait de traverser la frontière sans papiers, mais chaudement vêtu et avec une carte pour retrouver son chemin jusqu'à Saint-Pétersbourg ! Interrogé par les garde-frontières, il a craqué et avoué être Français. Il s'appelle Clément Denis. Selon lui, il n'y a plus de travail en France. Il considère la Russie comme une terre d'accueil, par excellence, pour tous les Européens et croit l'Europe être en perdition. Pour lui, l'avenir est à l'Est. Pour exotique que cette démarche puisse paraître, elle est tristement compréhensible. Les Russes ont fait même courir une blague sur les Orientaux qui gagneraient l'Europe pour échapper à la guerre et les Européens qui fuiraient les musulmans afro-orientaux en partant à l'Est. Enfin, quand les Chinois viendront coloniser la Sibérie, ils trouveront la place déjà prise par les Occidentaux et se rabattront finalement sur les terres laissées désertes à l'Orient. Tout le monde y gagnerait quelque chose, sauf les Russes qui seraient appelés à partager leurs terres volens-nolens.

 

Il se trouve que les explosions, attentats et autres actes terroristes ne sont que des problèmes de parcours tandis que le gros du contingent étranger s'incruste sans que les Européens aient le temps de crier gare.

 

L'Europe serait-elle définitivement morte ? A mon sens, le défaitisme s'est distillé dans le sang européen : l'Europe ne lutte plus - elle compose. Mais elle a perdu jusqu'à son âme guerrière. Il y a une épidémie grippale qui court à travers l'Europe et la Russie en ce moment. Comment un virus procède-t-il ? Il teste le système de défense d'un organisme pour ensuite forcer la porte et entrer. On a beau pester conte les arrêts maladie et les heures perdues parce que passées au lit. Votre propre organisme a besoin du virus, car luttant contre l'infection, le système immunitaire s'améliore en peaufinant ses méthodes de résistance. Pareil pour un corps social : les immigrés ne sont pas un mal en soi, mais les forces commencent à manquer à la vieille Europe. C'est ainsi que n'importe quel produit ingurgité se transforme en poison. A son tour, la Russie a, elle aussi, 3 mille réfugiés syriens qui ont trouvé refuge dans la banlieue moscovite. Leur statut est peu enviable parce qu'il n'y en a que deux qui se sont vus octroyer le statut des réfugiés. Vous pensez bien : 2 sur 3.000 ! Les Russes ignorent le rassemblement familial et l'accès à la nationalité et à la carte de résident est très dure, voire impossible pour un démuni. Pourquoi l'Europe ne ferait-elle pas de même ? Mais tout simplement parce qu'elle est à un stade de démence sénile aiguë avancée qui ne se soigne pas. On ne lutte pas contre l'âge.

 

Tel un vieux qui a peur de n'importe quel coup de vent, l'Europe qui a une vieillesse dorée, a peur de tout. Les élites européennes ne font que galvaniser le cadavre sachant pertinemment que le mal est irréparable.

 

Force m'est de constater que ce n'est pas l'immigration qu'il faille fustiger bien que l'immigration soit mauvaise en soi... Mais le problème est bien plus profond pour ne pas dire abyssal et, malheureusement, incurable. Il y a des gens qui le sentent très bien, à ne prendre que le journaliste indépendant Olivier Renaud qui, de fil en aiguille, est passé de l'histoire d'attentat au camion à Berlin au vol des enfants par les services allemands et israéliens. Il a raison de jeter la passerelle, Olivier : comme le mal est dans le corps, il faut vidanger et changer littéralement de sang. Les élites savent ce qu'elles font, car si l'Europe disparaît, les élites y survivront, bien sûr, mais elles ne pourront plus parasiter sur leur victime. Alors, au lieu de disparaître, les élites essaient de s'inventer une nouvelle population, plus vitale, plus énergique, moins capricieuse. Mais le virus se transmet avec le sang. Les nouveaux êtres assurant la relève d'une population exsangue ont le temps de contacter tous les maux héréditaires de leur société d'accueil.

 

Alors ce garçon qui a décidé de partir à l'aventure en Russie, a obéi à l'instinct d'un jeune qui ne veut mourir, qui veut vivre et s'épanouir, se trouver une place dans le monde et échapper à la guerre qui, somme toute, ne ferait qu'entériner les choses devenues désormais évidentes. Il n'y a pas de remède contre la vieillesse : l'Europe ne succombera pas devant les terroristes ou l'islam - elle est appelée à disparaître comme ce fut déjà le cas pour l'URSS.