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Ester Pivet (Vigigender) : la mission de l'école, c'est de former les enfants, pas de leur bourrer le crâne avec le Gender

Coordinatrice nationale de l'association VigiGender, Esther Pivet était en conférence le 16 février dernier à Rennes. VigiGender se présente comme un « collectif de parents s'engageant pour promouvoir une École excluant le genre (gender) comme partie effective des programmes et activités scolaires et extra-scolaires ». Gender aussi connu pour être la théorie du genre, qui prétend que le sexe n'est pas une réalité anatomique mais sociale. Bien que Najat Vallaud-Belkacem affirme que la théorie du genre n'existe pas, elle est de plus en plus présente dans les manuels scolaires. Nous l'avons interviewé. La vidéo de la conférence est disponible en ligne.

 

 

Pravda France : Esther Pivet, bonjour, pouvez vous vous présenter ?

 

Esther Pivet : Bonjour, j'ai 50 ans, je suis mère de quatre enfants, ingénieur de formation. J'ai travaillé pendant 22 ans comme ingénieur, puis il y a trois ans j'ai tout arrêté, et j'ai créé le collectif VigiGender.

 

Pravda France : Qu'est-ce qui vous y a poussé ?

 

Esther Pivet : Il y avait eu la Manif pour Tous, à laquelle j'ai participé. Et surtout à l'été 2013 j'ai lu le livre Gender qui es-tu ? Et je me suis rendu compte, en creusant le sujet, que la théorie du genre, le gender, entrait dans l'école. Je me suis dit c'est juste pas possible, et je me suis engagée contre cela.

 

Pravda France : Que faites-vous alors ?

 

On analyse les documents de l'Education nationale, les manuels, etc. On forme les professeurs, on leur explique ce qu'est le gender car beaucoup diffusent cette théorie à leur corps défendant, en utilisant les manuels.

 

Pravda France : Le gender se diffuse-t-il de façon insidieuse ?

 

Esther Pivet : oui, sous couvert de lutter contre l'homophobie ou de promouvoir l'égalité entre les sexes. D'ailleurs quand un énoncé affirme promouvoir l'égalité entre « femme et homme » [à rebours de l'expression « entre homme et femme » normale en français, NDLA] ou entre fille et garçon, c'est un bon indice que le gender se planque dedans.

 

Pravda France : est-il aussi présent dans le privé sous contrat - c'est à dire l'enseignement catholique diocésain, pour la majorité des écoles concernées ? Soit en Bretagne, près de la moitié des élèves, et en France, environ un cinquième.

 

Esther Pivet : oui, à travers les manuels. Il n'y a que l'enseignement hors contrat qui est préservé du gender, car les écoles n'utilisent pas les mêmes manuels, dans leur très grande majorité. Et sont tout à fait libres de leurs programmes et du choix de leurs enseignants.

 

Pravda France : quel est le reproche principal que vous faites au gender ?

 

Esther Pivet : il entend lutter contre les « stéréotypes sexués », or c'est un drame pour les petits enfants, car ils ont absolument besoin de ces stéréotypes pour se construire, créer leur identité personnelle et sociale.

 

Pravda France : le gender va-t-il encore être développé par le gouvernement de gauche ?

 

Esther Pivet : sans doute. Un rapport tout récent du Haut conseil à l'égalité des Femmes et des Hommes prévoit de former obligatoirement les professeurs à la propagande du gender, traquer les stéréotypes sexués dans les manuels, ceux où il y a plus d'hommes que de femmes.

 

Pravda France : en Histoire, ça va poser un certain problème. Hitler, Napoléon, Lénine, Staline ou Mao étaient des hommes. A moins que la princesse Olga ou Héloïse de Pithiviers ne fassent leur apparition dans les manuels d'histoire...

 

Esther Pivet : c'est totalement débile, on ne va pas réécrire l'Histoire pour satisfaire les tenants du gender ! Eux, ils aimeraient bien.

 

Pravda France : outre la formation des professeurs, que faites-vous aussi ?

 

Esther Pivet : on a publié une brochure, le genre en images, qu'on a envoyé à plus de 50.000 établissements scolaires en un an. On y explique notamment les messages du gender dans certains manuels, ou ceux qui sont véhiculés par certains intervenants. Par exemple David Dumortier, qui avait été invité par une école de Versailles sous couvert de travailler la poésie avec les élèves. Or, il se revendique « travesti » et « prostitué » la nuit tout en étant « intervenant auprès des enfants le jour ». Il dit vivre dans « la perversion », la trouver délicieuse, et que son âme est « destructurée ». Est-il normal qu'il intervienne dans les écoles ?

 

Pravda France : avez-vous eu des retours ?

 

Esther Pivet : Oui, d'une dizaine d'évêques plutôt conservateurs, comme Mgr Centène à Vannes. Pas mal de commandes de brochures complémentaires en Ile-de-France, à Aix en Provence, à Bordeaux, Toulouse. Quelques lettres d'injure aussi.

 

Pravda France : Et une forte méfiance de l'Education Nationale, qui demande à ses professeurs dans le Morbihan de signaler les réceptions de brochure, comme le révèle le média régional de réinformation Breizh Info. Votre brochure dérange... A ce sujet, avez-vous des contacts avec les parents ?

 

Esther Pivet : on ne les voit pas beaucoup, vu qu'on s'adresse prioritairement aux enseignants et directeurs d'établissement. Beaucoup ont peur de s'opposer nettement au gender, parce que ça peut retomber notamment sur leur enfant.

 

Pravda France : vous avez un exemple précis ?

 

Esther Pivet : oui. En Bretagne, dans un établissement scolaire privé sous contrat - l'enseignement catholique diocésain (!) les parents d'un enfant s'étaient opposés nettement à un contenu qui relevait clairement du gender. Le directeur avait alors insulté leur enfant de « raciste, anormal et homophobe ». Malheur à ceux qui s'opposent aux tenants du bourrage de crâne...

 

Pravda France : que pensez-vous en général du gender à l'école ?

 

Esther Pivet :Le gender fait déjà débat entre adultes, il n'a pas sa place à l'école. La mission de l'école, c'est de donner les fondamentaux aux enfants, de leur permettre de penser, de raisonner, de s'exprimer, de communiquer. Pas de leur bourrer le crâne avec le gender.