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Quel est l'avenir de l'Etat Islamique en Syrie et en Irak en 2017 ?

Le média syro-libanais Al-Masdar News, qui couvre l'actualité militaire dans le Moyen-Orient (Syrie, Irak, Yémen, Egypte, Libye) embrasé par le terrorisme islamique, consacre, en anglais, un long article sur les perspectives de l'Etat Islamique (*) en Syrie et en Irak au cours de cette année 2017. Al-Masdar News, qui couvre l'actualité en Syrie d'un point de vue proche des loyalistes - mais sans dédaigner les sources d'information de l'opposition armée, de l'EI et des Kurdes - paraît en ligne en arabe, anglais, russe et turc.

 

L'article part de l'énumération des revers essuyés par l'EI en 2016. Attaqué de toutes parts - par la coalition occidentale, par celle de la Russie (Syrie, Iran, Hezbollah, milices chiites afghanes et yéménites), par les djihadistes alliés de la Turquie (Ahrar al Sham et autres groupes de l'armée syrienne libre) et par les Kurdes (tant les YPG majoritairement kurdes que les Forces démocratiques syriennes - SDF - composées de Kurdes et d'Arabes sunnites), sans oublier, côté Irak, l'armée irakienne et les forces de mobilisation populaire (PMU) à prédominance chiite, et les Kurdes locaux, l'EI n'a cessé de reculer.

 

 

L'EI a essuyé revers sur revers en 2016 et au début 2017

 

Il a perdu, en 2016, (entre autres) le triangle sunnite au nord de Bagdad (Ramadi, Hit, Fallujah), ce qui l'a privé de la possibilité de menacer la capitale irakienne et d'y établir la capitale du Califat. L'EI a aussi perdu le contrôle d'Anbar et de son désert, ainsi, à la fin de l'année, d'une grande partie des alentours de Mossoul et de l'Est de cette ville, même si l'opération de reprise s'est enlisée dans les quartiers ouest de la vieille ville, abondamment minés et ardemment défendus par l'EI. Avec d'importantes pertes en effectifs militaires et de non moins grands dommages collatéraux pour les civils et l'infrastructure, l'armée irakienne progresse néanmoins et se fraie un chemin dans Mossoul-ouest, à moitié repris mi-mars 2017.

 

Côté Syrie, avec l'intervention militaire de la Turquie aux côtés de l'ASL - l'opération « Bouclier de l'Euphrate », l'EI a perdu le contrôle du triangle stratégique Al-Bab - Azaz - Jarabulus, et donc la possibilité de vendre du pétrole en Turquie (déjà mise à mal par la pression militaire et diplomatique russe), ainsi que « tout lien direct avec les fonds « humanitaires » saoudiens et qataris situés en Turquie », relève Al-Masdar News.

 

Les Kurdes (SDF) de leur côté ont encerclé Raqqa du côté Nord, sur trois côtés, et sont arrivés aux portes de la ville - trois ans à peine après que l'EI ait mis le siège devant Kobanê, devenu le symbole international de la résistance du peuple kurde. Depuis l'élection de Trump, une opération derrière les lignes de l'EI, réalisée le 23 mars dernier par le 75e régiment des Rangers et des troupes d'élite kurdes, ont permis à ces derniers de prendre pied au sud de l'Euphrate, et le contrôle de deux points stratégiques : le barrage où passe une des dernières routes reliant les deux bords du fleuve et la base aérienne située en-dehors de la ville. Les forces kurdes élargissent maintenant la tête de pont, et foncent notamment vers la cible suivante : le barrage de Baath, situé 18 km plus à l'est (et 22 km à l'ouest de Raqqa) où passe l'unique et dernière route entre les deux berges de l'Euphrate que l'EI contrôle encore à proximité de Raqqa.

 

De son côté, l'armée syrienne, renforcée par des éléments divers - chiites irakiens, afghans et libanais notamment - et bénéficiant de l'appui tactique et logistique de l'avion et des forces spéciales russes a repris Palmyre, début mars, après l'avoir perdue suite à une offensive-éclair de l'EI, le 11 décembre dernier. Le saillant dans ce secteur ne cesse de s'élargir, l'armée syrienne prenant méthodiquement le contrôle des nombreuses chaînes de montagnes et des non moins divers gisements d'hydrocarbures. Ce qui aura comme conséquence, à moyen terme, de mettre fin à l'épineuse crise... de carburant que connaissent les zones sous contrôle du gouvernement syrien, qui ne contrôlait mi-2016 qu'un des huit grands gisements gaziers du pays et moins de 30% des ressources pétrolières.

 

A l'Est d'Alep, les forces du Tigre - des troupes de choc de l'armée syrienne, entraînées par les forces spéciales russes - ont lancé une grande contre-offensive mi-janvier dernier qui a permis, en vrac, de libérer 1500 km² de territoire et 193 localités, de prendre Tadef et Aran au sud de Al-Bab, de bloquer le progrès des Turcs et de l'ASL vers l'Est en faisant la jonction avec les Kurdes, de prendre position à l'Ouest de Manbij pour empêcher les Turcs d'attaquer les Kurdes - suite à un accord diplomatique tripartite entre Russes, Syriens et Kurdes, de récupérer le contrôle du barrage de Tishreen sur l'Euphrate pour le remettre en route, d'expulser l'EI de Deir Hafer, de s'approcher des frontières de la province de Raqqa... Et, ce qui n'est pas la moindre des choses, de libérer les sources d'approvisionnement en eau d'Alep (usine des eaux de Khafsah, station de pompage de Jirah) et d'y remettre l'eau courante, absente depuis 45 jours après que l'EI ait arrêté les pompes qui, jusqu'alors, faisaient leur travail malgré la guerre.

 

Hors de Syrie, la Russie a réussi à attirer dans son camp la Jordanie et la Turquie, qui ont fait (enfin) le ménage sur leurs frontières respectives, en coupant tout soutien direct aux groupes affiliés à l'EI qui y opéraient ou s'y retiraient pour soigner leurs blessés, former leurs troupes et se réarmer. Au Liban, le Hezbollah a nettoyé les montagnes de l'Arsal, où un groupe important de l'EI menaçait, sous forme d'une guérilla, la route entre Beyrouth et Damas.

 

 

L'EI n'est pas encore près de s'effondrer

 

« Cependant, cette suite de revers ne signifie pas que l'EI est à la veille de s'effondrer », écrit Al-Masdar News. « Bien que la guerre soit couverte par de nombreux médias mainstream, des experts et des journalistes indépendants, des ONG et des analystes, on ne peut être sûr des pertes essuyées par l'EI qui s'est montré très apte à camoufler ses bases et ses convois, les fortifier puissamment et même produire de fausses cibles comme des véhicules et des chars en bois », relève le média, qui fait allusion sans la citer à l'usine de faux véhicules - leurres pour bombardiers retrouvée par l'armée irakienne, près de Mossoul. La pratique a été largement utilisée par les belligérants de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

 

De même, l'EI a montré, notamment à Al-Bab, Mossoul et dans la région de Palmyre, la capacité d'organiser une défense échelonnée, très dure à enfoncer et avec des réserves capables de manoeuvrer rapidement, ce, malgré l'absence de maîtrise des airs et une supériorité écrasante de l'ennemi en blindés, canons et troupes. A Al-Bab, l'armée turque a lanterné 105 jours avant de prendre la ville, malgré l'engagement de blindés et de forces spéciales turques, et ne l'a pris que parce que l'EI s'est retiré pour ne pas être empoché par l'armée syrienne qui avançait à l'Est. Une dure leçon pour une des plus puissantes armées de l'OTAN qui s'attendait à une promenade en Syrie. Raté.

 

La capacité de l'EI de se retirer à chaque fois que ses forces sont empochées ou en passe de l'être - dans le désert au Nord et à l'Ouest de Raqqa, à Dabiq ou Al-Bab au Nord de la Syrie, à Deir Hafer plus récemment à l'Est d'Alep, semble être une habitude stratégique pour conserver des capacités militaires, et non la preuve de pertes importantes dans les rangs de l'EI.

 

A chaque fois, les retraits se sont faits en bon ordre, en profitant des couloirs encore disponibles - ou de l'immensité du désert. Le seul endroit où ces retraits ont échoué sont les deux poches de Tall Afar et de Mossoul, au nord-ouest de l'Irak, où l'armée irakienne et les PMU chiites ont réussi à piéger une importante concentration de troupes de l'EI attachées à la défense de Mossoul.

 

S'y ajoute, mais c'est un cas assez particulier, la poche de l'EI (4000 personnes, combattants et familles incluses) dans l'ancien camp palestinien de Yarmouk, au sud de Damas. L'EI y est d'ailleurs confronté à ... Al Qaïda (enfin le front al Nusra (*), devenu depuis une part de l'alliance HTS largement financée par les pays du Golfe, tandis que l'alliance autour d'Ahrar al Sham est réputée plus proche de la Turquie) et à une milice palestinienne loyaliste.

 

Enfin, on peut encore citer la poche - très importante et densément peuplée - de Hawija en Irak. Elle aurait du être reprise en premier par l'armée irakienne, mais l'administration Obama finissante a préféré lancer l'opération de Mossoul, pour des raisons de politique intérieure américaine. Trump a continué sur la lancée. La poche de Hawija permet toujours à l'EI de menacer la grande ville de Kirkuk, sous contrôle kurde, et reste une source inépuisable d'auteurs d'attentats suicide qui sèment la mort au quotidien dans le Grand Bagdad.

 

 

L'EI face au choix stratégique : défendre la vallée de Raqqa, Deir ez-Zor et Al-Qaïm ou faire la guérilla dans le désert

 

Cependant l'EI a perdu, en 2016 et au début de 2017, la quasi-totalité des aires densément peuplées qu'il détenait (agglomération et alentours de Mossoul, campagnes à l'Est et au Nord d'Alep) et des grandes installations militaires (bases aériennes de Tabqa et de Qayyarah, aéroport de Mossoul) ou civiles (usine à gaz de Hayyan, barrages de Tishreen et Tabqa, usine des eaux de Khafsah en Syrie, barrage de Badush et ponts de Mossoul en Irak). Sans oublier de nombreux gisements d'hydrocarbures et des usines diverses. Autant de perdu pour les finances et les capacités de recrutement de l'EI.

 

Celui-ci est donc face à un choix stratégique majeur. Soit il tente de sauver le cœur de son territoire, soit il se disperse. Le cœur, c'est la vallée fluviale de l'Euphrate, entre Raqqa, Deir ez-Zor, al Bukamal à la frontière irako-syrienne et Al-Qaïm, en Irak. Un ruban de villes bordé de gisements plantés de part et d'autres dans le désert. Se fixer sur cette ligne, ça signifie réduire l'insolente enclave syrienne de Deir ez-Zor - déjà coupée en deux (la ville et la base aérienne) par l'EI, mais qui résiste toujours, ravitaillée par un pont aérien syro-russe et soutenue par l'aviation des deux pays.

 

Cela implique aussi de continuer à subir les bombardements sur l'espace restreint de la vallée, et perdre peu à peu les moyens de communication - les ponts ont été bombardés, les barrages à l'ouest de Raqqa sont en train d'être pris par les Kurdes qui tiennent aussi les villes situées entre 15 et 60 km à l'Est de Raqqa, le long de la route et du fleuve.

 

L'autre solution consiste à se disperser dans le désert (tant syrien qu'irakien), parcouru de diverses chaînes montagneuses et difficilement contrôlable. Des clans locaux, principalement sunnites, y menaient déjà une guérilla, dans les années 2010, contre les gouvernements centraux syrien et irakien. Certaines branches régionales de l'EI - notamment au Sud-Est d'Alep - mènent déjà ce type de guerre, en harcelant les lignes de communication de l'armée syrienne autour de Salamiyah, Itriyah et Khanasser.

 

Pour l'heure c'est la première solution qui semble tenir la route.

 

Fin mars, l'EI s'est retiré subitement de l'Est de la province de Suweida, au sud de la Syrie, où il tenait une poche sur le plateau d'Al-Lajat et luttait, dans le désert montagneux proche de Al-Tanf, principalement contre des milices locales druzes (loyalistes) et des unités de l'ASL (brigades Ahmad Abdo), elles mêmes plutôt en bons termes avec l'armée syrienne, ce qui est assez rare pour être signalé. Plus au Nord, dans le Qalamoun, à l'est de Dumeyr (Nord-Est du Grand Damas), ASL et armée syrienne se couvrent mutuellement et avancent de concert contre l'EI. Résultat de ce retrait précipité, l'ASL a libéré 2500 km² de désert et l'armée syrienne environ 300 km². Il reste une petite poche de l'EI en cours d'évacuation.

 

A Deir ez-Zor, après de nombreux assauts vains contre la base aérienne conduits par les troupes d'élite du Califat (parmi lesquelles de nombreux enfants-soldats recrutés dans les villages alentour), celles-ci ont été « retirées et remplacées par des prisonniers libérés », signalent des sources locales, qui ajoutent qu'elles ont été « envoyées pour défendre Raqqa et Tabqa ». Ce mouvement de troupes s'est fait entre le 25 et le 28 mars.

 

Plusieurs analystes syriens s'attendent de même à une évacuation par l'EI du saillant à l'Est des provinces de Hama et de Homs - dont une cinquantaine de villages à l'Est de Salamiyah, et les importants gisements d'hydrocarbures de Belas et de Shair. Si l'EI s'en va, l'armée syrienne pourra avancer et protéger à la fois ses lignes de communication vers Alep et le flanc nord de son front de Palmyre.

 

 

L'EI est le seul groupe terroriste qui a mis en place des structures d'Etat... et il est capable de recommencer ailleurs

 

Tout cela exposé, il semble clair que l'EI est sur le déclin sur le théâtre d'opérations syro-irakien, et pourrait disparaître, sauf contre-temps majeur, à moyen terme, et dès 2017, pour les espaces les plus densément peuplés. Même s'il se resserrait sur la vallée entre Raqqa et Al-Qaïm, même s'il parvenait à réduire l'enclave loyaliste de Deir ez-Zor, l'EI ne pourrait résister longtemps à la conjonction de la supériorité militaire écrasante de ses ennemis, à la perte de ses ressources et de ses lignes de communication. C'est reculer pour mieux sauter.

 

« L'EI a clairement fait la démonstration qu'en le combattant, ses ennemis combattaient un Etat, et non seulement un groupe terroriste important et riche », remarque Al-Masdar News. « A l'exception du Hezbollah, reconnu en partie par d'autres Etats, l'EI est la seule force djihadiste du Moyen-Orient qui a réussi à mettre en place une production industrielle de drones armés et de véhicules piégés. D'autres islamistes durs (Front al Nosra, Jund al Aqsa, Ahrar al Sham) font beaucoup usage de véhicules piégés autour d'Alep et de Deraa, ainsi qu'au Nord de Hama, mais ils ne parviennent pas à les produire massivement, les faire conduire par des gens de toutes origines et les utiliser jour après jour pour enfoncer les lignes ennemies ».

 

De même, l'EI a développé des Dawawins, à savoir des ministères. Comme les Dawawin al-Jund (Ministère de la Défense), Dawawin at-Taalim (ministère de l'Education), Dawawin Fay val Ganaim (ministère des prises de guerre), Dawawin al-Amni al-Umm (ministère de l'Intérieur), et bien d'autres. « Ce ne sont pas juste des noms pompeux, mais des structures efficientes qui produisent des armes, de la nourriture, de l'électricité, des soldats, des ingénieurs, des officiers expérimentés, et des bombes humaines », explique Al-Masdar News.

 

L'EI utilise les territoires qu'il contrôle (encore) à plein, notamment du point de vue de la ressource humaine. Les civils sont endoctrinés de façon à fournir un vivier constant de soldats - y compris des enfants de 12 à 17 ans - et d'auteurs d'attentats suicide qui sont massivement utilisés. A Mossoul, ainsi, la progression de l'armée irakienne est largement ralentie par le grand nombre d'attentats suicide ou à la voiture piégés que fait l'EI au quotidien - jusqu'à plus de cinquante par jour. Ces vocations suicidaires viennent autant des populations ancrées sur place que de l'étranger : même si les arrivées se tarissent, elles continuent néanmoins, et ceux qui arrivent sont plus motivés idéologiquement qu'avant.

 

Al-Masdar remarque aussi l'importante production de propagande développée par l'EI dans de nombreuses langues : groupes dans les réseaux sociaux (Twitter, Telegram notamment), infographies, films, documentaires, chaînes de télévision - où passent aussi bien des scènes de vie quotidienne sur les territoires tenus par l'EI que des images prises sur les fronts actifs -, magazines, livres et autres nasheeds (chants religieux musulmans, qui peuvent porter sur un sujet d'actualité), sans oublier l'agence de presse AMAQ. Celle-ci continue d'ailleurs son activité bien que l'armée irakienne se soit emparée de son siège et de ses archives à Mossoul.

 

Toutes ces structures sont toujours efficientes malgré les revers militaires, et l'EI continue d'attirer de nombreux volontaires, souvent aiguillés par le mouvement terroriste lui-même vers d'autres fronts. La plupart des volontaires francophones viennent du Maghreb, notamment du sud de la Tunisie où l'EI a implanté plusieurs camps d'entraînement dans les montagnes proches de la ville de Kasserine et de la frontière algérienne. La guerre civile libyenne, la succession présidentielle algérienne qui s'annonce compliquée, la bombe à retardement que constitue le chômage de masse des jeunes du Maghreb, les nombreuses zones grises aux frontières de l'Algérie, du Sahara Occidental et de la Libye constituent autant de bonnes raisons pour l'EI de ressurgir dans ce coin.

 

La Russie l'a bien compris d'ailleurs en augmentant son soutien militaire à l'Egypte et en engageant ses forces spéciales - l'on parle de 150 hommes - aux cotés du gouvernement de Khalifa Haftar, soutenu aussi... par la France, les Emirats et l'Egypte. Les deux gouvernements egyptien et russes ont démenti la présence de forces spéciales russes à l'est de la Libye et à l'ouest de l'Egypte, ce qui n'empêche pas les observateurs militaires occidentaux de la tenir pour acquise ; le média spécialisé Opex360 ajoute, le 25 mars dernier, que la société privée militaire russe RSB Group, a reconnu avoir envoyé des démineurs à l'est de la Libye.

 

L'EI fait aussi des émules au Xinjiang - région irrédentiste du Nord-Ouest de la Chine à majorité musulmane - et entretient des relations suivies avec divers groupes armés dans toute la bande allant du Mali à la Somalie, en passant par la Centrafrique et le Nigeria. Les armes issues des anciens stocks militaires ivoiriens ou libyens transitent via ces réseaux vers le Proche-Orient, en irriguant l'ensemble des multiples fronts du Sahel, de la Corne d'Afrique et du Levant.

 

L'EI a aussi développé des implantations au sud des Philippines, au Pakistan, dans les états musulmans de l'Inde, au Yémen, dans la corne de l'Afrique, aux Balkans - principalement en Bosnie et au Kosovo - dans le Caucase musulman (Daghestan, Tchétchénie, Ingouchie en Russie, vallée de Pankissi en Géorgie), en Asie centrale (principalement en Ouzbékistan, pays enclavé et surpeuplé par rapport à ses ressources). La carte desdites implantations recoupe à peu près celle des actions « humanitaires » et religieuses des pays du Golfe, principalement de l'Arabie Saoudite, dans les années 1990.

 

Bref, la fin de l'Etat Islamique au Levant, c'est pour bientôt, mais ailleurs, c'est très loin d'être acquis.

 

 

(*) L'Etat Islamique et le Front al Nusra sont des organisations interdites en Russie.

 

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