Source Pravda.ru

Stratfor : en 2017, la Russie peut avoir une prise de bec avec l’Allemagne

En 2017, les contradictions intérieures de l'Occident vont encore s'envenimer. Et la Russie ne manquera pas à en profiter. Selon le média Stratfor, Moscou est portée à améliorer ses relations avec l'Occident, mais sans toutefois sacrifier ses positions qu'elle sait fortes en Ukraine et en Syrie.

 

Selon les auteurs de l'article, l'Occident garde avec peine son front uni contre la Russie en l'endiguant à coups de sanctions et des pourparlers. Cependant, le flou artistique dans le relationnel entre le voisin de l'Est et Washington n'est pas sans semer la pagaille dans les rangs des alliés otaniens, au grand profit de Moscou.

 

En Europe, les divergences sont de plus en plus apparentes et les partis de la droite et de l'ultradroite deviennent populaires.Il n'est pas dit que l'Europe garde longtemps sa solidarité, surtout quand on tient compte des élections en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, à survenir en 2017. En même temps, les pays comme l'Autriche, la Hongrie, la Bulgarie et l'Italie se sont toujours prononcés contre la détérioration des relations avec la Russie sans toutefois se prononcer ouvertement contre les sanctions anti-russes. Selon les analystes, il n'y a que l'Allemagne qui peut se constituer en poids-lourd afin de contrecarrer la Russie.

 

Les analystes sont persuadés que l'Allemagne restant la figure de proue de la Communauté ne peut autoriser la Russie à exercer son ascendant sur les pays limitrophes dont une grande partie membres de l'UE. Stratfor a bien pris note des agissements du renseignement allemand qui a renforcé son dispositif pour résister à la propagande russe et l'espionnage informatique en provenance du froid. Quant à la doctrine militaire allemande, le statut de la Russie y a été modifié du « partenaire » à « l'adversaire ».

 

Pourtant les politiciens allemands n'arrivent pas à tomber d'accord sur la Russie. Même les membres de la coalition au pouvoir en appellent toujours à flirter avec Moscou. C'est pourquoi Angela Merkel doit penser à ses élections à venir et ne pas trop chercher noise à Vladimir Poutine.

 

En attendant Stratfor nourrit quelqu'espoir en rôle directeur que la Pologne serait appelée à jouer pour tenir la dragée haute à la puissance de l'Est. La position anti-russe de Varsovie est fermement soutenue par la direction de l'OTAN et les Etats-Unis. Mais, ces derniers temps, la Pologne est devenue plutôt tiède par rapport aux idées de l'euro-intégration. Les analystes estiment que Varsovie ne fait pas tout simplement le poids contre des géants pareils à Berlin, Paris ou encore Rome qui seraient réticents à l'idée des hostilités contre la Russie.Les experts sont convaincus qu'au cours de l'année à venir, on verrait des agissements anti-russes polonais qui vont se multiplier ce qui ne ferait que casser l'ambiance inter-européenne sans pouvoir nuire à Moscou, mais plutôt en apportant de l'eau à son moulin.

 

Il est à rappeler que récemment, le portail War on the Rocks a dressé un tableau comparatif des forces russes et celles de l'OTAN au cas où une guerre éclate. Selon les experts américains, la supériorité militaire de Moscou crève les yeux par son évidence.

 

Les analystes de Rand Corporation David Shlapak et Michael Johnson ont su renforcer leur étude par des matériaux qu'ils avaient rassemblés dans le domaine des jeux militaires et l'analyse des hostilités.

 

David Shlapak et Michael Johnson font valoir que non seulement les forces russes dépassent les Occidentaux par leur côté technologique, mais aussi elles sont plus nombreuses. Les experts citent les conclusions de Mark A. Milley, chef d'état-major des forces américaines terrestres. En se prononçant devant la commission sénatoriale sur les forces armées il a acquiescé que la Russie dépassait l'OTAN par ses capacités de tir à grande distance et ses arsenaux. L'agence russe RIA-Novosti cite les deux experts qui corroborent les paroles du général étoilé.

 

Cherchant à étoffer leur pensée, les chercheurs ont essayé de se représenter un conflit entre la Russie et les pays Baltes. Selon eux, c'est en 3 jours que la Russie écraserait l'OTAN dans cette zone géographique : « En 10 jours, les Russes peuvent aligner jusqu'à 27 bataillons prêts au combat et affichant un total d'effectifs ce qui représente de 30 à 50 mille soldats. Les forces russes auraient à leur disposition des chars, des blindés de transport des troupes, etc. A son tour, l'OTAN n'y pourrait répondre que par des forces peu nombreuses et mal équipées », estiment les experts qui se font citer par l'agence russe RIA-Novosti.

 

Qui plus est, la supériorité technique serait écrasante : 7 chars russes contre 1 occidental, 5 véhicules de transport des troupes contre 1, 5 hélicoptères de combat contre 1, 4 pièces d'artillerie lourde contre 1, 16 lance-roquettes multiples contre 1, 24 systèmes de défense anti-aérienne contre 1, 17 systèmes de repérage des cibles aériennes à grande distance contre 1.

 

En outre, les chercheurs estiment que, par leurs caractéristiques techniques, les canons russes dépassent les pièces du même calibre de fabrication américaine par leur rayon de tir.

 

L'artillerie américaine peut atteindre des cibles dans un périmètre allant de 14 à 24 kilomètres. Tandis qu'un canon de gros calibre russe à mouvement autonome de type le plus banal tire forcément à 30 kilomètres.

 

En même temps, il est à prendre en compte que l'Europe est dégarnie des lance-roquettes multiples de fabrication américaine, mais quand bien même les Américains les livreraient au Vieux-Monde, leur portée de tir ne serait que de l'ordre de 40 à 70 kilomètres. Les lance-roquettes russes, eux, vont jusqu'à 90 kilomètres.

 

David Shlapak et Michael Johnson soulignent également que les chars et les blindés de transport des troupes modernes russes sont pourvus en blindage supérieur par rapport aux standards de l'Alliance Transatlantique. Idem pour les systèmes d'armement et l'électronique de bord. Pour ce qui est de la défense anti-aérienne, la Russie serait considérablement en avance par rapport à l'Occident.

 

Tous ces éléments ont porté les auteurs à croire qu'en cas d'un conflit militaire la Russie peut résister à la pression occidentale avec beaucoup de succès.

 

Et les analystes d'expliquer que le déploiement des troupes est une mesure insuffisante : « Sans un plan d'action bien défini, sans une logistique adéquate, sans un commandement bien conditionné et sans moyens de contrôle, l'OTAN perdrait toujours face à un adversaire d'un plus haut niveau ».

 

Un autre talon d'Achille serait l'aviation occidentale, considéré à tort comme l'un des atouts majeurs des Etats-Unis. La Russie possède des réserves colossales des missiles « air-sol » qui transforment les avions américains en une cible de rêve.

 

« Vu l'état actuel des choses, l'OTAN est inférieure à la Russie par sa quantité d'effectifs, par la portée et la puissance des armements. L'Alliance pâtit également des problèmes complexes et systémiques qui ne vont qu'aggraver la situation », concluent les experts américains.