Source Pravda.ru

Dans leur très grande majorité les Russes soutiennent la politique du gouvernement

L'enquête menée par le Centre Russe de l'étude de l'opinion publique a démontré qu'après les élections à la Douma, l'appréciation générale de la conjoncture politique dans le pays s'est améliorée. Quant aux jugements portés sur l'état économique, la cote de popularité des mesures prises par le gouvernement a quelque peu baissé.

 

Selon le périodique russe « Izvestia », dans le cadre du sondage de novembre dernier baptisé « L'état social des Russes : les hauts et les bas », les sociologues ont calculé les indicateurs correspondant aux aspects principaux de la vie du pays : politique et économique. Plus l'indicateur est élevé, plus haute est la cotation attribuée par les citoyens du pays.

 

Ainsi, comparé aux analyses de la période automnale (septembre-octobre), l'indicateur de la conjoncture politique a gagné 6 points en passant de 54 à 60. Selon les résultats de l'étude menée, 26 % de Russes saluent les changements politiques opérés en Russie ce qui dépasse la part de mécontents (18%). Les notes moyennes représentent toujours la valeur médiane - 52 %.

 

Le vecteur général du développement du pays est plutôt soutenu par les citoyens russes. En novembre, la quantité de citoyens enthousiasmés par la politique gouvernementale est passée de 52 à 62 points ce qui donne une note inférieure au niveau des années 2014 et 2015, mais supérieure par rapport à la période de 2006-2013.

 

Le nombre de ceux qui se disent satisfaits de leur vie a aussi grandi : en novembre, ce chiffre représentait 49 points contre 46 en septembre dernier. Selon les sociologues, les gens à l'optique positive sont deux fois plus nombreux par rapport aux pessimistes (50  - 25%).

 

En même temps, les Russes ne sont pas tellement contents de leur état économique. En novembre, la cote des satisfaits par le développement économique a dégringolé de 40 à 35 points. 31 % d'interrogés estiment que la situation est « mauvaise » et rien que 13 % la croient être « bonne ».

 

Les Russes ont aussi tendance à déclarer la baisse de leurs revenus respectifs. L'indicateur de novembre a perdu 6 points en comparaison avec septembre dernier. Aujourd'hui, seulement 11 % jugent leurs revenus comme « pleinement satisfaisants » ; 23 % croient le contraire. Parmi les interrogés, 66 % apprécient leur bien-être matériel comme « plutôt moyen ».

 

Les sociologues ont également pris note de la baisse de l'optimisme sociétal. En septembre, cet indicateur affichait 55 points, mais, en novembre, il s'est retrouvé au niveau de 47 points. 26 % de citoyens russes sont dans l'expectative des changements positifs et 20 % estiment que la situation générale va se détériorer.

 

Selon l'avis d'Evguéni Fiodorov, membre de la commission parlementaire au budget et impôts, pour éviter la stagnation, la Russie doit afficher une croissance de l'ordre de 3 % à titre annuel tandis que les deux dernières années le PIB baisse tous les ans de 3,5 %.

 

« Par conséquent, cette chute du PIB se répercute sur le niveau de vie de tous les citoyens quel que soit leur métier. Ceci est une retombée directe de la ligne du développement suivie par le bloc financier et économique du gouvernement aussi bien que par la Banque Centrale et, de facto, le Fond Monétaire International si l'on prend connaissance de ses mémos. Si le FMI continue à avoir la haute main sur notre économie, un avenir économiquement pessimiste nous est garanti ce qui, en particulier, se trouve corroboré par les rapports des ministres russes », a confié à Pravda.ru M. Fiodorov.

 

Selon le point de vue de Julia Baskakova, directeur des sondages du Centre russe de l'étude de l'opinion publique, ces indicateurs traduisent la chute de l'enthousiasme généré par la réunification avec la Crimée. Aujourd'hui ce n'est plus le facteur décisif de l'optimisme sociétal en Russie.

 

Pour sa part, le directeur du groupe d'experts politiques Constantin Kalatchov estime que l'attitude des Russes est dicté par la période des vaches maigres où il faut économiser. Quant au soutien accordé par la population à la politique extérieure, il serait dicté par la conjoncture internationale, les résultats de la présidentielle américaine et le programme économique du remplacement des importations.

 

Récemment, Pravda.ru a publié des articles prouvant que l'économie russe serait en train de surmonter progressivement la crise et que l'inflation battrait le record du niveau minimum de 2011 affichant juste 6 % à la fin de l'année en cours. Telles sont les conclusions tirées par le HESS de Moscou.

 

Selon les données économiques générales, 23 % de population russe auraient du mal à payer leurs charges sociales, Les dépenses pour se soigner ont baissé de 15 %, au cours des années de la crise économique. 39 % de Russes feraient partie de la tranche sociétale qui a du mal à assumer les dépenses ménagères y compris l'achat des chaussures, vêtements et nutrition.

 

Cependant, les données du Comité statistique russe (Rosstat) ne sont point mauvaises ! Au cours des premiers 6 mois de 2016, la quantité de pauvres aurait baissé de 0,5 %. « Le Rosstat mesure la pauvreté par rapport au revenu minimum. Mais en vérité, les gens qui ont un tel niveau de vie sont quand même dans le besoin. Qui plus est, en mesurant leur niveau matériel, les citoyens ne s'appuient pas, dans leurs estimations, que sur leur niveau de vie réel, mais également sur leurs craintes liées à la hausse des prix sur les produits qu'ils ne projetaient pas acheter », croit le chercheur en chef du HESS russe Eléna Sélezniova.

 

Les centres de sondage ont également présenté leurs conclusions sur les estimations faites par les 11 pays de l'ex-URSS. Les résultats de cette étude démontrent que la majorité de gens âgés de plus de 35 ans croit que leur niveau de vie, sous la période soviétique, a été supérieur à celui qu'ils ont actuellement. En Ukraine, 60 % de participants au sondage sont tombés d'accord sur ce point. En Arménie, 71 % rêvent de l'URSS aussi bien que 69 % en Azerbaïdjan et 61 % au Kazakhstan, 60 % en Kirghizie, 53 % en Biélorussie et 51 % en Géorgie.

 

Par contre, 55 % de Tadjiks croient leur vie meilleure par rapport à la période soviétique. En Ouzbékistan, ce chiffre s'élève à 91 %. En Russie, les jeunes sont satisfaits de leur vie à 63 %. Cette opinion est également partagée par la jeunesse d'autres républiques ex-soviétiques devenues pays indépendants. Le sondage a été mené par le Centre russe de recherche sur l'opinion publique, les sociétés M-Vector, GSK-Kazakhstan, Moreinfo et Qafqaz avec l'agence Sputnik comme client principal, du 4 juillet au 15 août 2016. Les participants ont été au nombre de 12.645 personnes.