Source Pravda.ru

L’Italie, le bon Samaritain pour la Russie !

Selon le Financial Times, citant des sources diplomatiques, c'est bien le premier ministre italien Matteo Renzi qui a su influencer la décision finale prise par les leaders de l'Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne sur la nouvelle vague des sanctions anti-russes.

 

Dans la nuit du 20 octobre, au sommet de la CE, les dirigeants européens ont adopté une résolution où ils condamnent les agissements de la Russie et de la République arabe syrienne, à Alep. Pourtant, il n'y est pas question d'introduire de nouvelles mesures liées à la situation en Syrie. Selon la source du périodique, la discussion s'est avérée « plus ardue » que le prévoyaient les partisans des méthodes expéditives, à savoir : Berlin, Paris et Londres. L'Espagne, l'Autriche, Chypre et la Grèce se sont prononcés contre, mais c'est l'Italie qui est devenue la figure de proue de la résistance méridionale.

 

Selon le Financial Times, les pourparlers ont duré 9 heures d'affilée. Matteo Renzi en a largement profité pour faire disparaître du texte toute mention de sanctions prévue dans la version initiale.

 

Il a été également noté au préalable que l'administration d'Obama reverrait sa politique en Syrie et que les Européens auraient reçu la consigne de préparer le nouveau paquet de sanctions. Les analystes prévoyaient tout de même que les Européens allaient se dérober.

 

Alexeï Moukhine, directeur général du Centre de l'Information politique, a narré à Pravda.ru sa vision des conséquences des sanctions :

 

- L'adjoint au ministre des Affaires Etrangères de Russie Sergheï Ryabkov a déclaré que les contre-mesures de Moscou seraient douloureuses pour Washington ? Les Américains ont-ils déjà eu « des expériences douloureuses » dans le passé ?

A.Moukhine. Jusqu'aujourd'hui, c'est surtout les Européens qui en ont pâti. Nos contre-sanctions agroalimentaires ont, pour ainsi dire, porté leurs fruits, à en juger par les réactions de la communauté des affaires et celles de l'Europe. L'Europe du Nord, l'Europe Centrale et Orientale en ont été durement éprouvées. L'Europe Occidentale a souffert moins, mais, eu regard aux manifestations des fermiers français et italiens, cette mesure a été assez sensible.

 

En principe, tout le monde a la possibilité de répondre de façon ponctuelle mais douloureuse y compris dans le domaine de la haute technologie. Je n'ai qu'à rappeler que la récente initiative de la chancelière allemande en aéronautique va nous amener à annuler nos livraisons de titane aux avionneurs européens ce qui, incontestablement, représenterait un moyen de pression très grave sur nos partenaires occidentaux.

 

On a comme l'impression que les gars ont perdu un peu le Nord avec ces sanctions et ne veulent prendre conscience du fait que la politique déséquilibrée pratiquée par Washington et imposée à la CE freine le développement de l'économie européenne. Le monde vit à l'époque du globalisme et on ne peut se tirer une balle dans le pied sans ressentir de la douleur.

 

Récemment, Stefano Valdegamberi, un député du parlement régional italien du Veneto, membre de la délégation qui a visité la Crimée entre le 13 et le 16 octobre derniers, a déclaré que les sanctions à l'encontre de la Crimée seraient levées.

 

« La communauté mondiale veut nous imposer l'isolation tandis que nous autres, nous essayons de progresser. Je suis sûr qu'en fin des comptes, le peuple s'en sort toujours vainqueur. Même les gouvernements se sentent obligés d'écouter le peuple », s'est prononcé le politicien italien, selon l'agence d'information RIA-Novosti.

 

A son tour, un autre député italien de la Ligurie, membre de « La Ligue du Nord », Edoardo Roxi, a martelé qu'ensemble avec ses collègues, il s'évertuerait à remettre sur table la levée des sanctions, au niveau de la Chambre basse du Parlement italien à Rome, ainsi qu'au Parlement Européen. Selon ce politicien, il fera l'impossible pour restaurer la cordiale entente avec la Russie.

 

Il est à rappeler que l'Occident accuse Moscou et Damas de pilonner la population civile et les positions des milices armées à Alep. La Syrie et la Russie font valoir qu'ils ne font qu'éradiquer les terroristes et invectivent, à leur tour, les Etats-Unis en les jugeant incapables d'influencer les escouades de « l'opposition modérée ».

 

« Au Kremlin, aucune raison d'introduction des nouvelles sanctions contre la Russie à cause de la Syrie n'est retenue parce que la Russie demeure le seul pays à lutter de façon légitime contre le terrorisme sur le territoire de la république arabe », s'est prononcé récemment le porte-parole du Président de Russie Dimitri Peskov.