Source Pravda.ru

Trump peut encore perdre

Cependant le système électoral américain ne prévoit pas le suffrage direct universel. Les Américains donnent leurs voix aux grands électeurs qui peuvent soutenir l'un des candidats.

 

Il se trouve que bien que perdant par le décompte des voix des votants, Donald Trump l'a emporté grâce aux voix des grands électeurs - 290 contre 232 attribuées à Hillary Clinton.

 

L'Amérique a déjà connu un tel quiproquo en 2000. George Herbert Bush l'eut alors emporté, mais il reçut 500.000 voix en moins par rapport au démocrate Albert Arnold Gore.

 

La conjoncture peut-elle encore changer ? Clinton n'aurait-elle pas encore perdu définitivement la mise ? Vladimir Vassiliyev de l'Institut des Etats-Unis et du Canada donne son commentaire exclusif à Pravda.ru :

 

- Les résultats de la présidentielle peuvent-ils encore être remis en cause?

 

V.Vassiliyev. En répondant directement à votre question, je peux avancer qu'aujourd'hui cela est impossible, en principe. Cela tient à l'attitude générale du Collège électoral des Etats-Unis. Le président est désigné par le Collège qui tiendra sa réunion le 19 décembre prochain. La règle veut que le Collège vote selon le principe « candidat gagnant de l'Etat ». Alors, selon les normes américaines, le Collège doit voter pour le candidat vainqueur dans un Etat concret.

 

Ergo, vous comprenez qu'1 million de voix attribuées à Clinton ne pèsent pas lourd parce qu'elles sont répertoriées dans les Etats où, de toute façon, elle est déjà désignée comme gagnante. Mais, compte tenu de la campagne anti-Trump se déroulant actuellement aux Etats-Unis, ce chiffre est remis sur table pour, d'une façon ou d'une autre, essayer d'influencer le choix des grands électeurs.Autrement dit, ils veulent faire appel aux voix des électeurs dans les Etats où Trump a remporté la victoire pour qu'ils votent contre le candidat désigné par leur Etat.

 

Il est assez difficile de dire quel peut être le résultat d'une telle campagne. Mais il y a deux points à prendre en considération. Primo, dans 24 Etats fédéraux il existe une loi stipulant que les grands électeurs ont l'obligation de voter en conformité avec le choix final des votants de l'État en question. Et s'ils veulent enfreindre la législation, en faisant un « vote de conscience », ils seraient frappés d'une amende. Secondo, à vrai dire, il y a encore 15 Etats dont le Code ne prévoit pas ce genre de sanctions. Il y en a encore 10 où la norme n'est pas établie. Là-bas on considère que les grands électeurs doivent obéir à leur conscience.

 

A bien analyser l'histoire américaine, on peut mettre la main sur les cas isolés de la période d'après la Seconde Guerre mondiale où, ponctuellement, les grands électeurs sont allés à l'encontre de la volonté de leur Etat. Des cas pareils ont été remarqués, mettons, en 1988, 2000 et 2004. Cependant de tels votes n'ont pas influencé le choix final puisqu'il y allait d'une-deux voix. L'Amérique n'a jamais connu un précédent où le Collège entier se serait dressé contre la volonté des électeurs.

 

Aujourd'hui, vu la personnalité de Trump, il est très difficile de tirer des conclusions. Donald Trump sort du rang. Il génère des contradictions et fait courir des rumeurs.

 

- Cette année nous a déjà étonné à plusieurs reprises par un événementiel que l'on aurait eu du mal à imaginer avant. Croyez-vous que l'intrigue américaine va durer ?

 

V.Vassiliyev. Quelques éléments de l'intrigue contribuent à un suspens prolongé jusqu'au dernier moment. Je ne peux exclure l'éventualité d'une surprise.