Source Pravda.ru

"La Russie a dissuadé la Turquie en Syrie"

Le Conseil de sécurité de la Turquie a annoncé la fin de l'opération militaire Bouclier de l'Euphrate en Syrie.

Selon le Conseil, la tâche principale de cette opération a été accompli avec succès. Les villes de Jarablous et d'Al-Bab ont été libérées.

« On a réussi à libérer plis de 2 000 km² au nord de la Syrie. Les réfugiés y sont retournés, la vie y reprend son cours. L'Armée syrienne libre (ASL) y a été déployée. L'opération Bouclier de l'Euphrate prend fin. En cas de nouvelle menace, une autre opération n'est pas exclue », a déclaré le premier ministre turc Binali Yildirim.

L'armée turque a lancé l'opération Bouclier de l'Euphrate contre les terroristes du groupe terroriste État islamique (EI ou Daech) en Syrie en août 2016. Les unités turques et leurs alliés de l'opposition syrienne ont pris le contrôle de la ville frontalière de Jarablous et de la ville d'Al-Bab. Recep Tayyip Erdogan avait antérieurement déclaré que l'opération turque en Syrie avait pour objectif d'y créer une zone de sécurité destinée à accueillir les réfugiés.

Anton Mardassov, expert de l'Institut du développement innovant a précise dans une interview accordée à Pravda.Ru deux objectifs de cette opération turque qui a été sanctionnée par Moscou, Damas et Téhéran.

« L'opération avait deux objectifs. Le premier objectif était d'empêcher le groupement des régions kurdes et le renforcement des Américains qui avaient l'intention de "jouer avec le fédéralisme kurde". Le deuxième objectif était de réorienter la Turquie vers la lutte contre Daech, nettoyer des terroristes le nord de la province d'Alep et par conséquent créer une zone spéciale destinée à déployer la population sunnite », a déclaré l'expert.

La fin de cette opération soulève des questions, estime M. Mardassov.

« La fin de l'opération n'était pas réussie. La situation autour de la ville de Manbij (province d'Alep) a empêché à la Turquie d'élargir cette zone spéciale. Je rappelle qu'après la libération d'Al-Bab, les Forces démocratiques syriennes qui se sont alliées à un groupe pro-syrien ont bloqué le déplacement de l'armée turque à Raqqa. Recep Tayyip Erdogan n'a pas tenu sa promesse concernant une offensive ayant pour but la libération de la ville de Manbij. Cependant, les soldats américains y ont été déployés en tant que pacificateurs. Plus tard, les gardes-frontières syriens ont occupé le sud-ouest de la ville. Ainsi, l'activité turque a été bloquée », a précisé l'expert.

Selon M. Mardassov, la Turquie a été obligée d'achever l'opération, car la création du Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes ce qui peut être considéré comme la présence russe en Syrie l'empêche de mener des opérations d'envergure contre les Kurdes.

Le fait que la Turquie a rapidement achevé l'opération porte à croire qu'il y a des désaccords entre Moscou et Ankara. Selon des informations récentes, 500 militaires qui ont participé au Bouclier de l'Euphrate combattent contre les forces gouvernementales syriennes.